Chronique d'un Secours (presque) Ordinaire

 Mardi 18 Août 2015, en début d'après midi, une randonneuse expérimentée se blesse à la cheville sur le GR10. Partis de Haute-Garonne avec son mari et leur petit fils, il ne restait qu'une petite heure de marche pour arriver au refuge de l'étang d'Araing dans le Couserans. Ce genre de traumatisme ne présenterait rien de « grave » si la météo n'était pas exécrable. La victime ne peut pas poser le pied par terre. Le sentier boueux est rendu glissant par la pluie. De plus, l'humidité et le vent contribuent à refroidir une personne statique. Il faut dire qu'à plus de 2000 mètres d'altitude, la température chute vite ! La visibilité, quant à elle, est quasi nulle. Malgré plusieurs tentatives, l'équipage de l'hélicoptère du DAG de Pamiers n'est pas en mesure de déposer les secouristes auprès de la victime. Dans ces conditions, il faut constituer une caravane terrestre.

 Cinq secouristes du PGHM de Savignac et deux membres du GMG de l'Ariège se donnent rendez-vous au village de Sentein. Le pilote et le mécanicien de bord de l'EC 145 gendarmerie ont à cœur de donner leur maximum. En dépit des nuages, ils réussissent à déposer la caravane de secours à 1400 mètres vers la Cabane d'Illau.

 

 Ce gain de temps et d'énergie est précieux car il est déjà vingt heures lorsque les secouristes font jonction avec la victime. Le gonflement de la cheville laisse soupçonner au minimum une bonne entorse. Après avoir immobilisé la blessure, la randonneuse est réchauffée et allongée dans un brancard. L'évacuation se fera à dos d'hommes, un devant, l'autre à l'arrière. Les cornes de portages permettent d'installer la perche sur les épaules. Évidemment, la descente se poursuit sous une pluie battante. Quelques dévers boueux et dalles glissantes pimentent le trajet. Ces passages techniques requièrent une attention permanente de la part des gendarmes. La bonne volonté ne dispense pas de la fatigue : des relais réguliers s'organisent entre les porteurs.

 

 Un peu avant 22h00, toute la caravane est à l’abri dans le refuge de l'étang d'Araing. Malgré le rush de cette fin du mois d'août, les gardiens nous accueillent chaleureusement. Tout le monde se sèche avant de mettre les pieds sous la table. Le repas généreusement préparé est englouti dans une ambiance conviviale. Après un point météo, il est décidé de passer la nuit au chaud en attendant le ciel bleu prévu pour le lendemain matin. Devant cet élan de solidarité montagnarde, la victime retrouve le sourire.


  Mercredi 19 août 2015 vers 09h30


  Après la pluie, le beau temps ! Le vrombissement du rotor de l'hélicoptère au dessus de la mer de nuage signale la fin d'une mésaventure pour cette randonneuse. Quelques minutes plus tard, le service des urgences de l'hôpital de Saint Girons la prend en charge. Le diagnostic du médecin urgentiste est sans appel : double fracture de la cheville. Souhaitons lui un prompt rétablissement afin de pouvoir terminer cette belle traversée des Pyrénées l'an prochain.


 Avant de poursuivre les vacances en famille, la victime et son mari nous font part de leur gratitude. Chaque maillon du secours en montagne a joué son rôle et ils en sont reconnaissant. Nous tenons à remercier Marine et Hugues, les gardiens du refuge de l'étang d'Arraing, pour leur hospitalité, les équipages du Détachement Aérien de Gendarmerie pour leur professionnalisme et les deux brigadiers du GMG pour leur disponibilité.




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Commentaires : 3
  • #1

    Patrick Déglise Favre (jeudi, 20 août 2015 21:55)

    Bravo à tous.

  • #2

    Nicolas Sylvie (lundi, 24 août 2015 09:59)

    Chapeau bas! Bel exemple d'humanité et de professionnalisme. Je me rends bientôt au refuge en petit groupe (31 août), j'espère éviter ces aléas.
    Sylvie

  • #3

    Delphine Moureau (mardi, 01 septembre 2015 13:19)

    Bonjour. Un grand merci pour le secours de ma maman qui se rétablie tranquillement. Et merci pour mon fils qui veut désormais devenir sauveteur en montagne